Publié par : iutgea2009 | 11 février 2010

Mécanisme de dissimulation des « créances pourries »

Mécanisme de dissimulation des « créances pourries »

Les actifs toxiques, instruments financiers à l’origine de la crise économique, sont des produits dérivés[1] dont le sous-jacent[2] est un actif porteur d’un risque variable.

Cet actif peut-être titrisé[3], c’est-à-dire échangeable sur un marché, ou matérialisé par un contrat de gré à gré[4], impliquant qu’il n’apparaît pas sur les marchés classiques, qu’il se situe hors bilan des institutions concernées et qu’il échappe de ce fait aux normes de contrôle.

Pour qu’un produit devienne toxique, il faut qu’il cumule deux conditions :

–         Qu’il soit construit sur un sous-jacent à risque (ex : créance immobilière) ;

–         Qu’il fasse l’objet d’une titrisation.

Ce concept d’ « actif toxique » est apparu lors de la crise des subprimes. Cette notion symbolise une rupture avec la perception du mot « actif », censé représenter une valeur de confiance. L’entreprise assainit ses résultats grâce à l’accumulation de valeurs qu’elle développe.

L’actif immobilisé apparaît alors comme l’illustration de la solidité de l’entreprise.

Associé à l’adjectif « toxique », le mot « actif » a une connotation péjorative signifiant qu’il est néfaste pour la santé de l’entreprise.

L’« actif toxique » constitue donc le terme révélateur de la faiblesse de ce mécanisme échappant à toute régulation.

La suppression de ce type d’actifs du bilan, dont la perversion des rubriques effraie les futurs investisseurs, s’effectue par la mise en place d’entités ad hoc[5] , permettant de purger les bilans à condition d’apporter certaines garanties définies par les États, d’où la notion d’étatisation des dettes.

Ce mécanisme répondant à un jeu d’écritures comptables, s’opère en 6 étapes :

  • Identification de la structure toxique
  • Écriture d’annulation des dettes toxiques
  • Création d’une entité ad hoc pour racheter les actifs toxiques
  • Remboursement des « dettes toxiques »
  • Revente des titres de participation
  • Calcul du coût subi par la collectivité :

Si prix de revente des titres de participation < remboursement des dettes toxiques : PERTE

Si prix de revente des titres de participation     > remboursement des dettes toxiques : GAIN

L’éclatement de la bulle immobilière a ainsi révélé ces pratiques largement utilisées ces trois dernières années  par les établissements de crédit, engendrant alors des pertes massives au sein  du secteur bancaire et, aboutissant au marasme économique que nous connaissons.

Julien CERF


[1] Contrat entre deux parties, un acheteur et un vendeur, qui fixe des flux financiers futurs fondés sur ceux d’un actif sous-jacent.

[2] Instrument support d’un contrat à terme dont la qualité est strictement définie.

[3] Technique financière consistant à transformer des actifs illiquides (ex : dettes, obligations…) en actifs liquides

[4] Entente négociée visant à acheter ou à vendre un bien ou une marchandise à une date déterminée et à prix fixe.

[5] Société créée dans un but bien précis et qui n’existe que tant que ce but doit -être réalisé.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :