Publié par : iutgea2009 | 31 janvier 2010

L’apparition de la 3D

Dans les années 2000, George Lucas, le réalisateur de la nouvelle trilogie de Star Wars, avait décidé de ne la projeter que dans les cinémas équipés d’un projecteur numérique. Que les vieilles salles avec les projecteurs argentiques n’en bénéficient pas lui importait peu. Beaucoup pensaient que c’était une décision ridicule. Cependant, dix ans plus tard, il semblerait que sa vision cinématographique devienne réalité.

En parallèle du numérique est apparu le cinéma 3D. Vers 2013, d’après une étude de l’institut Dodona Research[1], la moitié des salles dans le monde seront équipées numériquement. Cette innovation est due à des raisons économiques et non pas à l’obsolescence de leur projecteur argentique. Il est apparu que depuis quelques années, l’industrie cinématographique américaine est confrontée à d’importants problèmes d’investissement et de profit. Les entrées en salles des films américains diminuent de plus en plus. Ils accusent Internet et le P2P de cet état de fait et ne remettent pas en question la production de leurs films. Pour augmenter leurs profits, ils ont mis en place une stratégie qui est de sortir dès la première semaine leurs films sur un très grand nombre de copies. Cela crée un effet événementiel mais cela a un coût car il faut tirer, rien qu’aux États-Unis, plus d’un millier de copies et les envoyer chacune aux exploitants des quatre coins du pays. C’est pour cette raison que George Lucas a incité les exploitants à s’équiper d’un matériel numérique, ce qui lui aurait permis de minimiser les coûts de duplication de ses films. Mais il n’a pas réussi à les convaincre car, selon eux, cet investissement ne leur était pas directement profitable. De plus, le spectateur n’y gagnerait rien, contrairement au passage du noir et blanc à la couleur ou du muet au parlant ou de l’invention du Cinemascope, du Dolby, du THX, ou encore de l’amélioration du confort des fauteuils.

C’est pourquoi une nouvelle stratégie est entreprise pour que les cinémas soient équipés d’un projecteur numérique. La 3D est toutefois lancée comme un moyen de les sauver et non pas comme un atout artistique. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons eu droit à plusieurs films d’animation 3D qui n’utilisaient pas la 3D comme un élément évident de la mise en scène : Monster House, Bienvenue chez les Robinson et L’Étrange Noël de Mr Jack. Le succès est présent. C’est alors que Jeffrey Katzenberg, le patron de Dreamworks Animation, promet qu’à partir de 2009 tous les films d’animation de Dreamworks seront « conçus et distribués en 3D ». En outre, d’après lui, pour 2010, nous aurons le droit à « 12 à 18 films en 3D ».

Au mois de mai 2010 sortira Shrek 4. Les films seront présentés dans les salles IMAX dans leur propre système de projection numérique 3D dont le lancement est prévu pour juin 2008. De son côté, Disney annonçait qu’il allait réaliser deux films en 3D : Alice au pays des merveilles et Frankenweenie. The Dark Country de Thomas Jane est à l’inverse des autres projets car ce n’est pas un film d’animation pour toute la famille, mais plutôt une production de genre horreur, R-Rated (interdite aux moins de 16 ans), tournée en prises de vues réelles.

Nous voyons qu’Hollywood a réussi son pari qui était d’amener les exploitants de salles à passer au numérique. Ce succès oblige les exploitants à s’équiper en projecteurs adéquats, ce qui arrange les Américains qui n’ont plus besoin de tirer des copies d’un film pour attirer les consommateurs et augmenter leurs entrées en salle.

Du côté du cinéma, trop peu de cinéastes ne se sont vraiment interrogés sur ce que pourrait apporter la 3D au cinéma, notamment sur « les nouvelles possibilités de mise en scène que cette technologie permet ». « La 3D n’est en effet pas encore un élément indispensable de la mise en scène comme l’est aujourd’hui le son » (Yann Rutledge).

Nous pouvons supposer que l’avenir de la 3D dépend des cinéastes novateurs tels que Robert Zemeckis ou James Cameron, avec des films comme Beowulf ou Avatar car s’ils ne parviennent pas à rendre la 3D indispensable au film, elle ne sera qu’une mode passagère : « les spectateurs se seront en effet lassés de voir les mêmes films à l’affiche, et surtout lassés de payer plus cher » (Yann Rutledge ). Néanmoins, nous pouvons constater que Beowulf et Avatar mettent en avant les possibilités artistiques de cette innovation. La 3D pourra donc peut-être devenir un « choix artistique assumé » et non plus « un vulgaire choix commercial » (Yann Rutledge).

Par Claire L.


[1] Entreprise spécialisé dans l’industrie de film.

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