Publié par : iutgea2009 | 26 décembre 2009

Conclusion de Copenhague

Vendredi 18 décembre au soir, tout semblait terminé. Un accord a minima, annoncé par Barack Obama et Nicolas Sarkozy, devait clore le sommet de Copenhague sur le climat. Mais, dans la nuit, le sommet s’est enfoncé dans la confusion et la division : ce texte, jugé unanimement faible, est déjà contesté par plusieurs pays en développement, par des États insulaires et par la plupart des associations et partis écologistes.

L’Accord de Copenhague fixe comme objectif de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels. Il prévoit également le déblocage de 30 milliards de dollars à court terme (années 2010, 2011 et 2012), puis une montée en puissance pour arriver à 100 milliards de dollars d’ici à 2020, destinés en priorité aux pays les plus vulnérables, afin de les aider à s’adapter aux impacts du dérèglement climatique. L’accord rappelle également l’importance d’aider les pays les plus pauvres dans une optique de coopération, et valide le mécanisme de lutte contre la déforestation REDD-Plus (pour Reducing Emissions from Deforestation and Degradation). Le protocole de Kyoto, qui engageait déjà les pays signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 5% sur la période 2008-2012 par rapport à leur niveau de 1990, n’est mentionné qu’accessoirement sans que sa prorogation soit envisagée. L’ONU ayant « pris note » de cet accord, cela signifie que le texte n’a pas de valeur légale : il n’engage pas les pays à le respecter. Il faudra donc attendre les conventions de Bonn (mi-2010) puis de Mexico (en décembre) pour obtenir, peut-être, un accord plus contraignant.

Le problème de cet accord, c’est qu’il n’y a pas de contraintes, pas d’objectifs de réduction à la hauteur des préconisations du GIEC, ni de système de contrôle des engagements nationaux. De plus, les sommets internationaux passés se sont parfois conclus par des promesses de dons qui ne se sont jamais réalisées. Les deux plus gros pollueurs de la planète n’ont pas réellement joué le rôle qu’on attendait d’eux : Les Américains restent encore largement indifférents au changement climatique, et le gouvernement chinois n’est pas élu démocratiquement : la pression exercée par l’opinion publique est donc très faible et c’est un vrai problème pour ce type de négociation.

Les pays du Nord ont plutôt bien accepté les conclusions de l’accord. Que ce soit le Canadien Stephen Harper, son homologue américain Barack Obama, le premier ministre Gordon Brown, ou encore Nicolas Sarkozy, chacun s’accordait à dire que l’accord de Copenhague est un premier pas, réaliste, voire significatif pour certains pays. Angela Merkel a ainsi déclaré au Bild am Sonntag « Celui qui ne dit que du mal de Copenhague s’associe à ceux qui freinent au lieu de faire avancer » la lutte contre le réchauffement climatique. Ce journal de droite, qui estime qu' »un forum comme le G20 serait plus approprié pour prendre des décisions sur la protection climatique », a également annoncé que « Copenhague est un premier pas vers un nouvel ordre climatique mondial, pas plus mais pas moins non plus », une phrase qui résume assez bien la vision des pays du Nord.

En revanche, les pays du Sud se sentent lésés. Le Venezuela, la Bolivie, Cuba, le Nicaragua ou encore Tuvalu considèrent que l’objectif de limiter la hausse des températures à 2°C est insuffisant et vague. Le Soudan va même jusqu’à qualifier l’accord de « pire de l’histoire ». Les ONG sont également déçues de l’accord final. Kumi Naidoo, le directeur exécutif de Greenpeace, est en colère face aux engagements pris (notamment par les États-Unis), un point de vue partagé par Nnimmo Bassey, le président des Amis de la Terre, et Nicolas Hulot qui qualifiera même l’accord d’ »affligeant et consternant ». Et les climatologues ne sont guère plus optimistes ! Andrew Watson, professeur à l’université britannique d’East Anglia, estime qu’ »il faudrait que des limites strictes et juridiquement contraignantes soient mises en place dans les toutes prochaines années ». Le climatologue français Hervé Le Reut trouve, pour sa part, que l’accord est insuffisant. Et Alden Meyer, membre d’un groupe de scientifiques qui a son siège à Washington (l’Union of Concerned Scientists), parle d’une « déception » ; pour lui, l’accord ne permet pas de prévoir un palier, idéalement fixé autour de 2015, après lequel les émissions globales commenceraient à diminuer.

En bref, que ce soit pour des raisons historiques, organisationnelles, culturels, économiques ou sociales, il semblerait que tout le monde ne soit pas encore près à faire des concessions aussi importantes pour l’avenir de la planète. L’opinion publique est de plus en plus sensibilisée à ce type d’enjeux, et elle pourrait faire pencher les politiques en faveur de contraintes légales. Mais en attendant un engagement au niveau international, des solutions peuvent être appliqués au niveau local, et chaque individu doit désormais prendre conscience de la nécessité d’agir dès à présent.

Par Romaric

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