Publié par : iutgea2009 | 15 décembre 2009

Négociation au sommet

Déjà une semaine que la conférence est lancée et toujours pas d’accord concret.

le négociateur en chef de Barack Obama

Voici un petit résumé des négociations au sommet de Copenhague.

Un premier problème divise l’opinion concernant les objectifs à atteindre : faut-il limiter la hausse du thermomètre à + 1,5 °C ou + 2 °C d’ici 2050 ? Ce « petit » écart n’est pas si anodin. D’un coté, cela représente une diminution de 85% des gaz à effet de serre mondiaux ; de l’autre, 50% (par rapport à 1990). Les pays industrialisés accentueraient ainsi leurs engagements par rapport à Kyoto mais ils craignent de ne pas pouvoir (si tant est qu’ils le veuillent) répondre à une mesure aussi contraignante. Certains pays de l’UE parlent néanmoins de réduire les gaz à effet de serre de 30% plutôt que de 20%, comme prévu initialement (d’ici 2020). L’Océanie, quant à elle, avance que c’est sa survie qui est en jeu et reste inflexible, suivie de près par les pays en voie de développement.

Le second problème concerne le montant des aides à accorder aux pays pauvres pour qu’ils puissent supporter les effets négatifs du changement climatique et mettre en œuvre un développement moins polluant. Une aide évaluée à 7 milliard d’euros par an, dont l’UE a déjà signalé qu’elle allait contribuer à hauteur de 2,4 milliard – cependant elle ne le fait que sur trois ans pour le moment. La Chine et plusieurs ONG estiment que cette logique de court terme est insuffisante.

Quelques leaderships dans la négociation s’effacent et attendent des réactions de la Chine et des Etats-Unis qui sont dans le top/2 des plus gros pollueurs et, rappelons-le, qui n’ont pas adhéré au protocole de Kyoto. Les Etats-Unis ne peuvent pas promettre « quelque chose que nous n’avons pas encore», à savoir une législation sur le climat plus forte, actuellement en discussion au Congrès. A noter que des républicains comme Sarah Palin pensent que Barack Obama devrait boycotter Copenhague, car cette conférence serait une stratégie politique pour que la législation soit votée… Les Etats-Unis ne peuvent donc pas trop s’engager, même si Obama a annoncé hier vouloir un « accord contraignant ». Pour le moment, ils tablent sur une réduction de 4% par rapport à 1990.

La Chine, quant à elle, attend plus de leur part ; elle continue de « mettre la pression » sur les « vieux pays industrialisés responsables » du réchauffement, et souhaite que l’aide au financement pour les pays en voie de développement soit plus conséquente (sachant qu’elle pourra bénéficier de cette aide).

La grande manifestation sur le climat a rassemblé entre 30.000 et 100.000 personnes dans la capitale danoise.

Samedi, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui ont marché dans le monde entier pour réclamer un accord ambitieux et contraignant à la Conférence de Copenhague. Dans la capitale danoise, 30.000 personnes, selon la police, une centaine de milliers selon les organisateurs, ont manifesté dans le froid, le samedi 12 décembre, à l’appel de nombreuses ONG. Le cortège, globalement bon enfant (à l’exception des incidents évoqués ci-dessous), a pris la direction du Bella Center. Les manifestants se sont arrêtés à 500 mètres environ du centre, sans chercher à y pénétrer. Une scène avait été dressée pour accueillir les orateurs prévus, avant une veillée aux chandelles et la participation de l’ancien archevêque sud-africain du Cap, Desmond Tutu. Au total, 522 organisations de 67 pays ont appelé à la manifestation de samedi. C’est, au Danemark, le plus grand rassemblement depuis les protestations contre la guerre en Irak !

Cette manifestation est également surprenante de par son caractère mondial : ce sont principalement des Européens qui étaient présents, mais il y avait également des Chinois et des Coréens, ainsi que des Africains. De nombreuses villes ont aussi été le lieu de petites manifestations : Paris, Marseille et Lille regroupaient un millier de personnes. Manille, Hong Kong et Djakarta en ont fait de même. Et en Australie et dans les îles avoisinantes, on dénombrait pas moins de 50.000 personnes descendues dans les rues pour manifester.

Reste à savoir quel sera l’impact de telles manifestations sur les négociations…

Le syndrome «black bloc»

«Black bloc» est une expression qui désigne des groupes d’ultragauche, aux revendications radicales et faisant souvent usage de la violence. Nés en Allemagne, ils sont regroupés au sein de 70 organisations, et, composés de moins de 10.000 individus, ont une fâcheuse tendance à se faire remarquer par le biais d’actions violentes lors de manifestation, comme au dernier sommet de l’OTAN en avril à Strasbourg, ou encore à Poitiers en octobre. Vêtus de noir, masqués, organisés via Internet ou par portable, ils pratiquent une forme de guérilla urbaine, et n’hésitent pas à semer le trouble. Ils n’ont donc pas hésité à perturber la manifestation de samedi dernier.

Résultat, près de 1.000 personnes ont été interpellées. La coalition Climate Justice Action (CJA) dénonce les conditions d’interpellation de centaines de manifestants. Selon les ONG, les black blocs ont annoncé leur intention de conduire la semaine prochaine des actions contre le Bella Center où se déroule la conférence, au moment où les ministres seront réunis pour préparer l’arrivée de quelque 110 chefs d’Etat, chargés de boucler un nouvel accord climat susceptible d’entrer en vigueur au 1er janvier 2013.

Par romaric

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