Publié par : iutgea2009 | 9 décembre 2009

Copenhague, jour J

La conférence sur le climat a débuté lundi dernier ; elle se tiendra à Copenhague jusqu’au 18 décembre. Quelques points d’informations sur celle-ci peuvent être utiles… Commençons par le commencement, voici la vidéo « choc » d’ouverture présentée au début du sommet.

La conférence sur le climat, c’est avant tout un rassemblement de 9 acteurs principaux. Quelques mots sur chaque protagoniste pour mieux comprendre leur position sur le climat :

Les Etats-Unis :
Le nouveau président américain reconnaît le changement climatique et veut engager son pays sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais la décision dépendra du Congrès, qui doit déjà accepter le texte sur le climat prévoyant une réduction de 20% des émissions pour 2020. Cette attitude réduit fortement la marge de manœuvre de la Maison Blanche qui doit donc attendre l’adoption de la loi.
La directrice de l’agence Lisa Jackson a indiqué que l’EPA était « désormais autorisée et contrainte de faire des efforts raisonnables » pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.

La Chine :
L’augmentation très rapide de ses émissions de gaz à effet de serre en fait maintenant le premier émetteur mondial de CO2 (plus de 6,2 milliards de tonnes par an). Pékin a lancé en 2007 un plan de lutte contre le changement climatique. Un objectif ambitieux a été fixé : une réduction de « l’intensité carbone » (quantité de gaz carbonique émis par unité de produit intérieur brut) de 45 % d’ici à 2020. La Chine cherche à maintenir l’unité du bloc des pays en développement et refusera toute concession ne donnant pas lieu à une contrepartie de la part des Etats-Unis.

L’Union européenne :
Elle a été la première à s’engager, en décembre 2008, à réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Mais elle a beaucoup déçu les pays en développement en refusant d’afficher clairement les montants qu’elle serait prête à « mettre sur la table » pour les aider à s’adapter aux conséquences du réchauffement et soutenir leur transition vers une économie sans carbone.
Les 27 arrivent à Copenhague divisés. Les ex-pays de l’Est – en tête desquels la Pologne – considèrent qu’ils n’ont pas à être mis à contribution, compte-tenu du retard de leur économie.

Le Brésil :
Il est le seul grand pays émergent qui se dit prêt à viser l’objectif de division par deux des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Le président Luiz Inacio Lula da Silva s’est engagé à réduire de 80 % la déforestation de l’Amazonie avant 2020, mais il a posé ses conditions : « Qu’aucun étranger ne vienne nous demander qu’on laisse un habitant de l’Amazonie mourir de faim au pied d’un arbre. Nous voulons bien préserver la forêt, mais il faudra payer la facture. »

L’Inde :
La position de New Delhi est traditionnellement radicale : rappelant que 620 millions de ses ressortissants vivent sous le seuil de pauvreté (1,35 dollar par jour), l’Inde estime indispensable une croissance soutenue de son produit intérieur brut (donc de ses émissions) pour réduire la pauvreté. Elle juge que les pays du Nord doivent réduire fortement leurs émissions, puisqu’ils portent la responsabilité historique de l’accroissement de l’effet de serre.

Le Japon :
Le nouveau premier ministre, Yukio Hatoyama, a promis de réduire de 25 % les émissions de C02 de son pays d’ici à 2020 par rapport à 1990, à la condition toutefois que les autres pays fassent un effort jugé suffisant. Cet objectif est particulièrement volontariste : le Japon figure déjà parmi les pays affichant les meilleures performances énergétiques, mais il n’est pas parvenu jusqu’à présent à réduire ses émissions.

L’Afrique :
Depuis quelques années, les dirigeants des pays africains ont pris conscience du fait que le changement climatique touchera particulièrement les pays les plus pauvres, alors même que ceux-ci émettent très peu de gaz à effet de serre. Ils revendiquent des engagements forts de réduction des émissions par les pays du Nord, ainsi qu’un financement conséquent pour pouvoir s’adapter. Il existe cependant des intérêts divergents selon les pays forestiers, les pays producteurs de pétrole et les pays les plus pauvres.

L’Arabie saoudite :
Elle a beaucoup à perdre dans la signature d’un « Green Deal » ambitieux. L’Agence internationale de l’énergie a calculé que l’adoption de politiques permettant de limiter l’élévation moyenne des températures de 2°C se traduirait par une perte de revenus de 4 000 milliards de dollars d’ici à 2030 pour les pays pétroliers. L’Arabie saoudite a déjà fait savoir qu’elle réclamerait un soutien financier en contrepartie.

Les Etats insulaires :
Pour les petites îles, le changement climatique n’est pas une menace virtuelle, mais une réalité : élévation du niveau de la mer, disparition des coraux, voire disparition tout court à moyen terme… Beaucoup de ces Etats considèrent qu’ils jouent leur survie à Copenhague. Ces premières victimes du réchauffement comptent bien mettre le reste de la communauté internationale face à ses responsabilités. L’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), qui regroupe 42 pays comme les Seychelles ou les Maldives et représente environ 300 millions d’habitants, réclame un accord contraignant qui oblige les pays développés à tenir leurs engagements.

Quelques solutions ont quand même été entrevues :
– Une taxe carbone mondiale qui permettrait en outre de créer 14 millions d’emplois d’ici 2014 (d’après un rapport de l’OIT).
– Un accord sur un réseau offshore d’éoliennes entre neuf pays : la Belgique, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, le Luxembourg, la France, le Royaume-Uni et l’Irlande ont signé ce lundi à Bruxelles une déclaration commune visant à développer un vaste réseau d’éoliennes offshore dans la région «des mers du nord» de l’Europe.

Des calculs sportifs malvenus :
Même si l’ambiance générale est à l’écologie, cela n’empêche pas de se retrouver face à des constats édifiants. Dorah Nteo, directrice de la DEAT, (l’agence gouvernementale sud-africaine en charge du climat) a déclaré : « Nous nous attendons à ce que l’empreinte écologique du Mondial en Afrique du Sud soit neuf fois supérieure à celle du Mondial allemand ».
Le Mondial 2010 de football en Afrique du Sud sera en effet 9 fois plus polluant que la compétition précédente en Allemagne en 2006, en raison des nombreux vols longue distance qui seront nécessaires pour rallier le pays, selon des estimations sud-africaines présentées lundi à Copenhague.
Comme quoi les discussions écologiques et les priorités à définir ont encore du chemin à faire dans certains domaines…

par Romaric.

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